Archive pour novembre 2010

Même ou mêmes

28 novembre 2010

1. Un déterminant + même + un nom

- Sous cette forme,
MÊME est adjectif, varie selon le déterminant et prend le sens de semblable.

Dét   Adj        N
Ce sont les mêmes enfants.

Dét   Adj        N
Ne faites pas ces mêmes erreurs.

2. Une énumération de mots + même

- Dans ce cas,
MÊME demeure toujours invariable. Il prend le sens de aussi ou de de plus.

Il achète des livres, des volumes, des dictionnaires même.

Il a le sens de aussi.

3. Un pronom personnel + même

- MÊME s’accorde alors avec le pronom.

Nous-mêmes Soi-même
Eux-
mêmes Lui-même
Elle-
même Toi-même
Elles-
mêmes Vous-même(s)

Je ne peux tout faire moi-même.
Mes sœurs elles-
mêmes le font.
On ne peut pas faire toujours confiance à soi-
même.

4. Même en début de phrase

-
MÊME reste toujours invariable et a le sens de aussi ou de bien que.

Aussi
Même les vieillards furent exilés.

Bien que
Même malades, ils travaillent.

5. Un déterminant + un nom + même

-
MÊME est adjectif et varie selon le déterminant référent (pur, possessif,  démonstratif)

Dét  N     Adj
Ces gens sont la bonté même.

Dét    N         Adj
Les enfants mêmes adorent ces légumes.

6. Quand bien même, quand même, etc.

-
MÊME reste invariable, il appartient à une expression toute faite ou à un subordonnant qui marque l’opposition.

Faites-le tout de même.
Allez-y
quand même.

Quand bien même
elle insisterait, je ne bougerai pas.

7. Un article défini + même

-
MÊME devient un pronom indéfini et doit s’accorder selon le sens.

Quant aux bâtons, Paul a apporté les mêmes que Marc.

Les mêmes
remplace le nom bâtons.

Ces jeux vidéo sont les mêmes que ceux de mes amis.

Les mêmes remplace le nom jeux vidéo.

Toujours la virgule… Pour en finir avec elle!

21 novembre 2010

Dans un précédent texte, je t’ai parlé de la virgule. Les remords m’ont repris. Je n’ai pas assez insisté. Je t’ai laissé sur ta faim. Tu en voulais plus. Je le sens. Je reprends donc mes devoirs sachant combien de fautes tu perds lors de tes compositions à cause de cette petite virgule qu’on oublie ou qu’on place d’une façon erronée.

Tu ne places pas de virgules dans les cas suivants :

• entre le sujet et le verbe (sans élément intercalé) ;

• entre le verbe et le complément ou l’attribut du sujet (sans élément intercalé) ;

• entre la principale et la subordonnée indispensable au sens de la phrase ;

• entre le présentatif et les éléments présentés ;

• entre les termes d’une comparaison ;

• entre une préposition et son complément, un subordonnant et la subordonnée (sans élément intercalé) ;

• entre le nom et son épithète.

Tu seras pénalisé si tu oublies la virgule dans les cas suivants :

• séparer des mots énumérés ;

• séparer des propositions de même nature ;

• séparer des éléments apposés ;

• séparer des mots qui constituent des pléonasmes et des répétitions ;

• isoler le pronom de reprise ;

• après des mots-phrases tels que oui, non, si, etc. ;

• devant des conjonctions, des adverbes ou locutions adverbiales de liaison qui unissent deux propositions, qu’elles soient complètes ou non.

Tu places une virgule pour isoler ou séparer :

• une incise ;

• une apostrophe ;

• un marqueur de relation en tête de phrase ;

• une subordonnée circonstancielle en tête de phrase (GFCP) ;

• un élément intercalé, lorsqu’une des deux virgules est absente.

J’arrête ici, car je suis convaincu que cette chronique est la plus austère que j’ai écrite. Tu es extraordinaire si tu m’as lu jusqu’ici.

Je te propose le magnifique conte de Roch Carrier à ponctuer cette semaine. Tu n’auras qu’à choisir le signe de ponctuation qui convient.  Le réveille-matin.

Le décrochage scolaire

14 novembre 2010

Je publie aujourd’hui dans mon blogue l’opinion de Lévis Bouchard sur le décrochage scolaire. M. Bouchard avec qui je collabore depuis plus de 20 ans est l’auteur de nombreux didacticiels dont je fais état dans mon site.

http://www.cyberprofesseur.com/logiciels.html

« On peut toujours spéculer sur les multiples raisons du décrochage scolaire dans les écoles québécoises. Cependant, on oublie de pointer, à mon avis, la cause la plus probante de cet insuccès : la non-maîtrise de la langue. Pendant toute ma carrière d’enseignant, j’ai constaté que mes élèves qui constituaient de potentiels décrocheurs savaient plus ou moins lire et écrire, et ce, même en cinquième secondaire. Pourquoi cette faille? Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures : la faute en revient à ne pas enseigner les bases de la langue dès le primaire et le premier cycle du secondaire. Ne pas savoir conjuguer les verbes, ignorer l’orthographe des homophones et les structures syntaxiques conduit à de sérieuses lacunes dans la cohérence de la pensée.

Résultat : on est incapable de comprendre une phrase de 15 mots et, par la suite, de décortiquer un texte de quatre ou cinq pages et d’écrire un paragraphe correctement structuré.. Et tout s’ensuit dans toutes les autres matières. Alors, au lieu de crier au loup et de s’en prendre à tous, la société aurait intérêt à exiger que l’école s’en tienne rigoureusement à l’enseignement de la langue. On parle français, on doit donc le comprendre et le maîtriser. Petite suggestion : allons voir si les écoles privées se lancent à corps perdu dans la pédagogie de projets et, de ce fait, laissent de côté l’enseignement prioritaire de la langue. »

La virgule facultative… Que dire du point-virgule?

7 novembre 2010

Je vais te faire plaisir. Je vais t’indiquer des cas où tu pourras exercer ton libre arbitre à volonté. Le rêve de tout jeune! Oui, tu pourras placer la virgule si tu veux bien. Ensuite, je te parle un peu de ce fameux point-virgule que tu ne dois pas utiliser souvent dans tes écrits. Allons! À l’attaque, Cyberprof!

Ce n’est pas moi qui invente cette règle facultative, mais les correcteurs du MELS eux-mêmes. Voici ce qu’on m’a appris.

Tu peux placer une virgule ou non dans les cas suivants :

devant mais et car ;

devant une conjonction, un adverbe ou une locution adverbiale si une virgule doit suivre le mot de liaison ;

après car, donc, et, mais, puis en tête de phrase sauf si élément intercalé ou inversé après la conjonction.

Voilà! J’en ai fini avec la virgule. Je me penche un peu sur le point-virgule.

Tu emploies le point-virgule dans les cas suivants :

pour séparer, dans une phrase, les parties qui sont déjà subdivisées par la virgule ;

Ex. : Mon travail comportera deux étapes : en premier lieu, je définirai le concept de l’angoisse; en second lieu, j’essaierai de l’illustrer par un cas vécu.

pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaine étendue ;

Ex. : Les uns proposèrent la levée de l’assemblée; les autres insistèrent pour liquider la question sur-le-champ.

Comme tu as déjà fait plusieurs exercices sur la virgule, je te propose donc aujourd’hui un test portant sur le point-virgule.