Archive pour janvier 2010

Le participe passé te réserve encore bien des surprises au sens propre comme au sens figuré.

31 janvier 2010

Au lieu de surprises, j’aurais dû écrire pièges. Cela aurait été plus juste. Cette belle langue française que tu utilises pour exprimer tant de sentiments n’a pas fini de te surprendre. Tu verras que certains mots employés au sens propre réagissent d’une drôle de façon au sens figuré. Attaquons ces pièges.

1. Certains verbes employés au sens propre

Exemple : couter, valoir, vivre, peser, marcher, courir…

Tu n’accordes pas leurs participes passés parce qu’ils sont accompagnés de compléments circonstanciels que tu confonds souvent avec des compléments directs. Voilà le piège.

a. Les deux-mille dollars que cet achat m’a couté… (combien m’a-t-il couté?)

b. La somme que cette jupe a valu…

c. Les douze grammes que cette lettre a pesé…

d. Les trente minutes que j’ai couru, marché…

e. Les cinquante années que j’ai vécu…

2. Ces mêmes verbes employés au sens figuré

Tu accordes leurs participes passés s’ils ont un complément direct placé avant.

a) Les efforts que cet exercice a coutés…

b) Les compliments que cette danse m’a valus…

c) Les dangers que j’ai courus…

d) Les belles années que j’ai vécues…

3. Participe passé d’un verbe impersonnel

Ce verbe n’a pas de complément d’objet direct. Tu ne l’accordes donc pas.

a. Quelle patience il nous a fallu!

b. Quelle chaleur il a fait!

(Patience et chaleur sont en fait “sujets réels”.)

4. Participe passé du verbe bénir

Il a deux formes: bénit(e) et béni(e).

5. Le participe passé de laisser et de faire

Le participe passé de laisser et de “faire” suivi d’un infinitif est invariable (ex.les enfants que nous avons laissé partir sur le modèle de les enfants que nous avons fait partirelle s’est laissé mourir sur le modèle de elle s’est fait mourir). Ces personnes, nous les avons fait partir.

Bénit, bénite

Ne s’emploie que comme épithète (complément du nom) quand il s’agit d’une bénédiction religieuse et ne concerne que des objets :

Le pain bénit, de l’eau bénite

Béni, bénie

Cette médaille a été bénie par le prêtre…

Voilà ! Je te piège volontairement dans ce test. Que tes notes obtenues soient bénies par les dieux!

Que les efforts que ce test t’a coutés ne t’empêchent pas de dormir!

L’accord du participe passé… Verbes pronominaux narcissiques!

24 janvier 2010

Tu vis à une époque du « je-me-moi ». Il t’arrive souvent de te mirer. Tu veux que tes actions reviennent sur toi, etc. Te laver, te souvenir, t’ennuyer, t’envoler sont des verbes que tes oreilles entendent bourdonner sans cesse. Qu’en est-il de leurs participes passés? Comment s’accordent-ils? Je t’entends frémir. Je m’empresse donc de te simplifier cet accord afin que l’angoisse ne t’étreigne pas plus longtemps.

Il faut distinguer d’abord un verbe qui est toujours pronominal de celui qui l’est seulement à l’occasion. Toujours pronominal il est quand il ne peut pas se passer du pronom qui accompagne son sujet.

Exemple : Sylvie s’empare du marteau. Tu ne peux pas enlever le « s’ » et dire Sylvie empare du marteau.

S’il est toujours pronominal, tu accordes toujours le participe passé en genre et en nombre avec le sujet.

Exemple : Les ouvrières se sont emparées de leurs outils.

Quel est le truc pour savoir si le verbe est parfois pronominal?

Tente de le conjuguer sans le pronom qui accompagne le sujet.

Exemple : Elle se lave les mains. Tu peux dire : elle lave ses mains. Le verbe se laver est donc un verbe parfois pronominal.

S’il est parfois pronominal, tu suis les règles du participe passé avec l’auxiliaire avoir.

Le truc est de remplacer l’auxiliaire être du verbe parfois pronominal par l’auxiliaire avoir afin de vérifier si le complément du verbe précède le participe passé. Si c’est le cas, tu l’accordes avec ce complément.

Exemple sans accord : elle s’est lavé les mains.

Truc : Elle a lavé quoi? Les mains. Le complément du verbe est placé après le participe passé. Il n’y a donc pas d’accord.

Exemple avec accord : Elle s’est trouvée seule dans la nuit.

Truc : Elle a trouvé qui ? Elle-même. Le complément du verbe est placé avant le participe passé. Il s’accorde donc avec ce complément.

Bien sûr, il y a des exceptions à ces règles si simples. Je préfère ne pas en parler pour le moment. Je te suggère un test cette semaine où tu rencontreras ces deux cas :

1. Participe passé ayant un verbe toujours pronominal

2. Participe passé ayant un verbe parfois pronominal

Accord du participe passé suivi d’un infinitif

17 janvier 2010

Je te propose une règle qui te donne parfois la nausée. Tu as remarqué l’étrange façon de se comporter du participe passé suivi d’un infinitif. L’accord n’est pas automatique. Il faut encore une fois se poser quelques questions simples qui feront toute la différence dans ta copie.

As-tu de la difficulté à accorder le participe dans une phrase comme celle-ci?

Cette copine, je l’ai vu_ ouvrir ma case.

Comment écris-tu vu? avec ou sans e? Tu hésites à répondre. Voici un truc qui te permettra de faire face à pareille situation.

D’abord, cherche le complément du verbe (GNCV) en posant les questions qui? ou quoi? après le participe. Ai vu qui? l’ pronom personnel féminin singulier mis pour copine. Tu serais porté à l’accorder puisque le GNCV est placé avant. Ne va pas trop vite. Tu dois te poser une autre question. Est-ce que ce GNCV fait l’action exprimée par l’infinitif, c’est-à-dire ouvrir. Pose la question suivante : est-ce la copine qui ouvre ma case? Oui. Le GNCV fait bien l’action exprimée par le verbe. Tu dois faire l’accord. Une fois le participe passé bien accordé, la phrase s’écrit ainsi : Cette copine, je l’ai vue ouvrir ma case.

Regarde cette autre phrase.

Cette pièce de théâtre, je l’ai vu_ jouer quatre fois.

Tu as vu quoi? jouer. On joue quoi? la pièce. Est-ce que la pièce fait l’action de jouer? non. La pièce ne peut se jouer elle-même.

Alors, tu laisseras vu sans accord.

Deux remarques encore avant de terminer.

1. Si le participe passé est fait, il reste invariable.

Ces élèves, on les a fait courir.

2.  Avec certains participes, un verbe à l’infinitif est parfois sous-entendu. Dans ces cas, les participes restent invariables.

Elle n’a pas fourni tous les efforts qu’elle aurait pu (sous-entendu, fournir).

Voici des phrases ayant un participe passé suivi d’un infinitif avec ou sans sujet.

Ton participe passé est-il la victime innocente d’insidieux écrans?

10 janvier 2010

Alors que les écrans devraient t’empêcher de subir la tornade, dans le monde excitant des accords du participe passé, tu découvriras que la réalité est tout autre. Les écrans sont des illusions dont tu devras apprendre à te méfier. Je mets en évidence cette semaine trois écrans qui peuvent te donner du fil à retordre :  le « que », le « en » et le « le ».

1. L’écran que, pronom relatif

Si ce fameux que précède ton participe passé avec avoir, s’il est un pronom relatif qui remplace un mot, il est alors un complément direct avec lequel tu devras accorder ton participe passé. Il s’agit de trouver exactement le bon mot qu’il remplace.

Je suis fier des résultats que j’ai obtenus lors de cet examen.

Dans cet exemple, tu as un que qui est le CD qui précède le participe obtenus. Ce que est mis pour résultats. Tu accordes donc obtenus avec résultats.

2.  L’écran l’ ou le, pronom neutre

Le participe passé employé avec avoir est invariable quand le mot (ou CD) lié au participe passé est le pronom neutre le ou l’.

Ces élèves sont plus intelligents que je ne l’aurais cru.

Le pronom l’ représente l’idée que les élèves sont intelligents. Tu n’accordes pas cru c.-à-d. pour être plus juste, il s’accorde avec l’ qui veut dire cela.

3.  L’écran en

Lorsque le mot (ou le CD) lié directement au participe est le pronom en, le participe demeure invariable.

Des romans, j’en ai beaucoup lu. En a alors le sens de cela. On considère alors qu’il n’a ni genre, ni nombre. C’est cela que j’ai beaucoup lu.

Des tempêtes, j’en ai vu. C’est cela que j’ai vu.

Je te propose un test pour déjouer quelques écrans.

Comment accorder le participe passé avec avoir sans se faire avoir?

2 janvier 2010

Dans l’oeil de la tornade cette semaine, le fameux participe passé avec avoir. Après avoir liquidé les cas du participe passé employé seul et ensuite avec être, j’aborde le cas le plus utilisé dans tes écrits et où les erreurs sont les plus nombreuses. Tu verras que tout dépend du fameux complément direct. Abordons directement le problème.

La réflexion particulière que tu dois faire est la suivante :  est-ce que j’ai un mot (GNCV) lié directement au participe passé? Pour trouver ce mot c.-à-d. ce complément direct, tu pose les questions qui? ou quoi? après le participe.

1. Tu réponds non.  Alors tu n’accordes pas ton participe passé.

Madonna a voyagé en Angleterre. (A voyagé qui? A voyagé quoi? Aucun mot ne répond à ces questions : il n’y a pas d’accord.)

2.  Tu réponds oui. Tu constates que ton mot ou CD est placé après ton participe. Tu ne l’accordes pas avec ce mot.

Les élèves ont lu des articles dans le  blogue du Cyberprofesseur hier. (Ont lu quoi? des articles : il y a un CD, mais il est placé après le participe : il n’y a pas d’accord.)

3.  Tu réponds encore oui. Tu constates que ton mot ou CD est placé devant le participe. Tu accordes alors ton participe en genre et en nombre avec ce mot.

Ce sont les articles du blogue du Cyberprofesseur que les élèves ont lus hier. (Ont lu quoi? que : pronom relatif mis pour articles qui est un nom masculin pluriel : tu dois donc ajouter s au participe passé lu.)

Attention ! L’erreur fréquente que tu fais est d’accorder le participe passé avec l’auxiliaire avoir avec le sujet du verbe.

La fille a embrassé son ami avant d’entrer en classe.

Tu ne dois pas mettre de e à embrassé, car ce participe ne s’accorde pas avec le sujet. Je le répète encore. C’est une des erreurs que je rencontre le plus souvent dans les textes de mes élèves.

Je te propose un test où tu pourras vérifier les trois cas suivants :

1. Pas de CD

2. CD placé après le participe

3. CD placé avant le participe